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Flottant sur la baie de Faxafloi tel un récif de cristaux, Harpa est aujourd’hui un monument phare de Reykjavik et un joyau de l’architecture contemporaine en Islande. Conçue en étroite collaboration entre l’architecte Henning Larsen et l’artiste Olafur Eliasson, Harpa est une ode à l’héritage naturel et culturel de la terre de glace. Ses façades, rappelant à cet égard les colonnes basaltiques d’Islande, ont été possibles grâce à un système constructif bien particulier;  le système « quasi-brique ».

Genèse des quasi-briques : une approche mathématique pour la forme architecturale

Si le système de « quasi-briques » est aujourd’hui associé au nom d’Olafur Eliasson, nous devons, en réalité, cette création à celui qu’on a nommé le savant fou de l’architecture, Einar Thorsteinn! En effet, Thorsteinn, architecte et mathématicien a dédié sa carrière à la recherche sur la géométrie spatiale et la cristallographie, et le potentiel de leurs usages dans l’architecture.Travaillant sur les mégas-structures autoportantes tels les dômes géodésiques, Thorsteinn tente de les développer en créant de nouvelles formes géométriques. Il s’intéresse dans ce sens à l’espace de symétrie quintuple et aux cristaux régis par ce principe.Avec un espace de symétrie quintuple 3D, les structures géométriques sont constituées de cinq fois les coordonnées XYZ normales, avec des angles de rapport d’or entre elles “

Au fil de ces expériences Thorsteinn finit par concevoir la quasi-brique, une forme géométrique qui s’inscrit dans la logique de la symétrie quintuple. La quasi-brique est de la sorte nommée d’une part en référence aux Quasi-cristaux auxquels elle doit sa géométrie et d’autre part aux briques auxquelles elle doit sa fonction. La quasi-brique se définit en ces termes comme une structure modulaire dont l’unité de base est un polyèdre à douze faces rhomboïdales et hexagonales. Lorsque les modules sont empilés les uns sur les autres, ils ne laissent aucun espace entre eux et forment un ensemble qui peut s’apparenter à un élément structurel ou un mur. En 1995 Einar Thorsteinn et Olafur Eliasson sont réunis par un intérêt commun pour la recherche en géométrie spatiale et commencent à étudier le potentiel architectural des quasi-briques; il naît de cette collaboration plusieurs objets et installations qui serviront de tremplin pour la façade de Harpa dont le “ Quasi-brick wall “ en 2002 et le “ Negative quasi-brick wall” en 2003.

Harpa; la quasi-brique perfectionnée

Les façades de Harpa s’inscrivent ainsi dans un long processus de recherche et plusieurs années de travail au perfectionnement des quasi-briques. Dans ce projet, la quasi brique prend l’échelle de l’Homme et s’affirme enfin comme objet architectural à part entière; c’est à la fois une ouverture, un élément constructif et structurel.  La combinaison des quasi-briques donne un effet à la fois régulier et chaotique, changeant la perception du bâtiment selon l’angle de vue. L’effet est amplifié par l’intégration de panneaux de verre colorés qui changent de couleur en fonction de la lumière naturelle. La complexité de la géométrie associée au jeu de la lumière confère à la façade un effet de kaléidoscope. Le développement de la quasi-brique, engageant à la fois des experts en art et en architecture relance la discussion sur les frontières entre les métiers de la création et démontre surtout la multitude des manières d’appréhender l’architecture. 

Ons larguech
Apprentie architecte
et flâneuse passionnée