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C’est dans le cadre des activités du Ciné-club de Tunis qu’il m’a été donné de découvrir la place particulière accordée par Eric Rohmer aux espaces urbains et ce, entre autres, à l’occasion de la projection de son film, «Les nuits de la pleine lune ». Eric Rohmer est né en 1920 et décédé en 2010. Il a participé, aux côtés d’autres cinéastes, tels que Jean-Luc Godard, Jacques Rivette, François Truffaut, et Claude Chabrol, dans les années ’60, à l’émergence d’un courant cinématographique novateur, qui dépassera les limites de l’Hexagone, à savoir la Nouvelle Vague ».Il est l’auteur d’un certain nombre de films dont quelques uns ont connu un grand succès comme: « Ma nuit chez Maud », « Le genou de Claire », « Pauline à la plage », etc.  La relation particulière de ce cinéaste avec les espaces, en général, et les espaces urbains, en particulier, est illustrée chez Rohmer à travers des courts métrages qui ont, entre autres, la ville de Paris pour décor et où celle-ci dépasse le statut de décor pour se hisser à celui de personnage, « au même titre que les acteurs ». 

Nous citons à ce sujet  « La boulangère de Monceau », « La carrière de Suzanne », et une participation dans un film collectif « Paris vu par… » (aux côtés d’autres cinéastes dont Jean-Luc Godard, Claude Chabrol, Jean Rouch, etc.). Chaque cinéaste y avait filmé un quartier différent de Paris, sur un ton personnel. Le sketch de Rohmer dans ce film suggère selon certains critiques  « une analogie des images de Paris avec certaines peintures impressionnistes de la fin du XIXème siècle et une mise en scène du doute perpétuel ».  Chez Eric Rohmer, la ville est « personnifiée», c’est un être partagé « entre la rationalité et la passion ». C’est un être de raison « qui obéit à des principes logiques » mais aussi de passion, car il est « sensible et plein de mouvements, de tensions et de contradictions ».

 « Être vivant, la ville bouge, se transforme, vit, vieillit, des villes anciennes meurent, des villes nouvelles naissent ». C’est ce qui explique qu’Eric Rohmer se soit intéressé de près à la ville moderne et aux transformations profondes des paysages urbains, et notamment la construction des villes nouvelles. A travers ses films, Eric Rohmer s’impose, entre autres, comme un cinéaste de l’espace urbain où la ville est pleinement présente.  Il fait, écrit-on, partie des « géo-cinématographes ». Mais attention, ce n’est pas son seul mérite.

 

Abdelfattah Fakhfakh